[Critique] 300 : La naissance d'un Empire

300 Empire 2014Zack Snyder avait réussi à surprendre tout le monde il y a quelques années avec 300, un péplum équipe rempli de moments iconiques et porté par une réalisation qui deviendra aujourd'hui régulièrement reprise. Apporter une suite à ce film était un challenge risqué, d'autant plus lorsque l'on sait que le comics sur lequel il est inspiré "Xerxès" n'a toujours pas fini d'être édité aux USA... Un résultat décevant, mais rempli de qualité.

L'une des principales qualité du film, c'est sans aucun doute sa réalisation. Noam Murro propose quelque chose dans la pure lignée du précédent opus. Le réalisateur s'efface complètement pour donner l'illusion d'être dans un autre film de Snyder, et cherche à créer un univers cohérent visuellement. Aussi, on retrouve ces ralentis et ces slow-motions qui ont fait la marque de fabrique du précédent réalisateur. La bataille d'introduction montre d'ailleurs que Noam Murro a parfaitement compris ce qui a fait le charme de 300. La colométrie se veut aussi proche avec une palette de bleue bien plus importante que lors du premier opus, et laissant rarement place à la couleur dorée, une couleur qui ne se notera que lors des passages purement spartiates. On pourra cependant reprocher que certaines scènes sont bien trop sombres, notamment celles se déroulant la nuit, empêchant de parfaitement distinguer les tenants et aboutissants de la scène.

Cet univers cohérent, il se remarque aussi dans la façon de narrer l'histoire. Ici, comme dans le premier opus, on se retrouve avec une narration visant à informer des guerriers prêts à partir en guerre de l'origine de l'affrontement, pour se conclure avec l'armée partant au combat. Une narration assez bien travaillée puisque de nombreux repères temporelles par rapport au premier opus sont présents. Ces repères sont font notamment avec des images du film de Snyder. C'est d'ailleurs l'un des soucis du film, c'est qu'il est vital d'avoir vu 300 de Snyder avant de voir ce film.

Mais le film cherche réellement à se démarquer du précédent film. Là où le premier film mettait en scène beaucoup de scènes d'affrontements au corps à corps, on se retrouve ici avec des scènes maritimes, qui mettent bien plus en avant la dimension stratégique que le premier opus. Lorsque le premier opus mettait en avant l'homme, porté par un groupe, c'est ici l'inverse, c'est le groupe qui est mis en avant, porté par un homme. Car en dehors du personnage central, Thémistocle, aucun des personnages athénien n'arrive à réellement se démarquer. Les prénoms sont oubliés, voire même jamais prononcé, et ils sont tellement peu développés qu'ils font au final plus office de figurants que de seconds rôles. Pour preuve la relation père/fils, dont les noms nous échappent à peine prononcés.

300 Empire 2014

Mais au delà des personnages secondaires peu présents et d'une colométrie parfois trop sombre, le film a quelque défaut qui empêche au film d'égaler son modèle.

Déjà, la réalisation à la Snyder n'est pas si présente que ca... Si le film offre deux plans séquences à la hauteur de ce qu'a pu faire, et arrive même à surpasser le travail du réalisation de Man of Steel, certaines scènes d'action manquent de rythme et surtout d'envergure. Loin d'être brouillonnes, ces scènes souffrent d'un manque d'ampleur, manque d'ampleur qui se ressent particulièrement lors du climax, qui n'arrive pas à nous soulever plus que ca.

Là où Snyder maîtrisait la gestion de la violence en en montrant suffisamment pour faire effet, mais pas trop pour éviter les effusions, le film s'enlise dans les giclées de sang, faisant parfois plus penser à une démonstration de violence gratuite qu'à la brutalité d'un combat. Le discours patriotique américain était présent dans le premier opus et se noyait assez bien dans l'ensemble du film pour laisser sa trace sans pour autant s'imposer, il est ici présent constamment, pour au final en être complètement repus. Car sous un scénario très faiblard se cache une propagande justifiant la politique américaine, qui au final soutient l'ensemble du film. Ce patriotisme au final dessert le film puisqu'il met particulièrement en avant la faiblesse de son scénario.

Le scénario souffre pas seulement de son absence, mais aussi d'un manque de parti-pris clair. On alterne régulièrement entre un film centré sur Themistocles, qui tente de s'imposer comme successeur à Léonidas, et une origin-story sur Xerxès. Le fait de ne pas réellement savoir sur quel pied danse le film empêche au final d'éprouver réellement de l'empathie pour les personnages. Les effets spéciaux sont aussi décevants. Si l'utilisation des fonds verts n'est pas voyant, certains plans, notamment ceux à Sparte, choquent par leur manque de profondeur, une mauvaise mise à l'échelle et une perspective mal calculée. Dommage pour un film 3D...

Petite mention pour le personnage d'Artemise. Parfaitement interprété par Eva Green, cela fait beaucoup de bien de voir une femme tenir la tête au héros, dans le rôle de l'antagoniste, et l'actrice arrive à mettre tout ce qu'il faut de sadisme dans le personnage pour nous offrir une performance juste. Dommage que la scène de sexe soit plus ridicule qu'autre chose.

300 Empire 2014

Dans la pure lignée du précédent film, cette suite de 300 a du mal à convaincre autant que son aîné en raison de son scénario creux et de ses scènes d'action pas si prenantes. Dommage, le réalisateur a fait plusieurs merveilles.

Note :

Note-6-10

 

300 : La naissance d'un empire.
Réalisé par Noam Murro
Avec Sullivan Stapleton, Eva Green, Rodrigo Santoro...

Date de sortie: 5 mars 2014

Genre: Action , Fantastique , Péplum


Synopsis: Le général grec Thémistocle tente de mobiliser toutes les forces de la Grèce pour mener une bataille qui changera à jamais le cours de la guerre. Il doit désormais affronter les redoutables Perses, emmenés par Xerxès, homme devenu dieu, et Artémise, à la tête de la marine perse…