[Critique] En Route !

En Route 2015L’heure est grave pour Dreamworks. Le studio d’animation vit des heures difficiles en raison de ses résultats financiers délicats. Conséquences les plus marquantes : le décalage de plusieurs films, dont Dragons 3, et l’annulation de plusieurs projets. Il faut dire, malheureusement, que la qualité des films produits depuis plusieurs années est plus qu’aléatoire. Car, que l’on aime la saga Dragons ou non, on peut être admiratif de l’ambition proposée, loin de celle de films moyens comme Les Aventures de Mr. Peabody et Sherman, par exemple.

Alors « En Route » fait-il partie des réussites ou des échecs de Dreamworks ?

Le pitch d’En Route est simple : une race d’extraterrestres envahit la Terre et isole la population humaine dans une grande zone désertique. Pas très sympathique, vu comme ça. Et si l’un des petits aliens nommé Oh se différencie de ses camarades en raison de son comportement agaçant, son cas ne va pas s’arranger lorsqu’il tombe sur la dernière habitante de New-York, qui cherche désespérément à retrouver sa mère. Le duo va donc faire équipe et partir dans de folles aventures.

Il y aurait énormément à dire sur « En Route », notamment dans ses thèmes plus qu’intéressants et son message de tolérance, à première vue. Il est bien trop rare de voir une petite héroïne venir des Barbades et parler du rejet de ses camarades à une époque tendue où le racisme est encore bien présent. Mais tout ce message semble contre-balancé par l’idée même que les extraterrestres ne voient pas le mal à envahir la Terre, s’approprier sa culture et isoler ses habitants en leur arrachant leurs biens. En résulte une morale maladroite, qui n’assume pas son propos et se plie à un compromis qui satisfera les petits.

Car loin d’un propos se voulant adulte à la manière des Dragons, « En Route », avec ses couleurs pastel et ses héros mignons, vise directement les enfants et peut s’affirmer comme une petite régression qui manque cruellement de saveur. Car tout est calculé de A à Z : deux parias à leur manière qui deviennent amis, avant de se disputer puis de se réconcilier. Le terrain est balisé et le manque de surprises se fait cruellement ressentir. On notera quand même la bonne idée de voyager un peu partout autour du globe, même si comme d’habitude, Paris se voit réduite à sa Tour Eiffel et à ses accordéons.

L’un des plus gros regrets d’En Route est donc dans son accumulation de fausses bonnes idées et cela s’en ressent jusqu’au casting. Si Jim Parsons joue le contre-emploi avec ce rôle d’extraterrestre désespérément en quête d’amis, le choix de Rihanna semble ici être davantage une pub géante pour sa carrière. Toutes les dix minutes, on peut entendre l’une de ses chansons dans le film. Si vous êtes fan, vous aimerez. Mais si comme moi, vous n’appréciez pas particulièrement les derniers albums de la chanteuse, vous risquez de vite arriver à saturation…

Ajoutez à cela des méchants inexistants, des péripéties mal gérées, et vous aurez une idée du résultat très mitigé d’En Route, pourtant pétri de bonnes intentions sur des questions de tolérance, notamment.

En Route 2015

Un Dreamworks décevant au propos maladroit et à la bande-originale rapidement irritante.

Note :

Note-5-10

 

En Route !
Réalisé par Tim Johnson
Avec les voix de Jim Parsons, Rihanna, Steve Martin,...


Date de Sortie : 15 avril 2015
Genre: Animation, Comédie

Synopsis: Les BOOVS, aliens à l’ego surdimensionné, choisissent, pour échapper à leurs ennemis jurés les GORGS, de faire de la Terre leur nouvelle planète d’adoption. Mais OH, l’un d’entre eux, va révéler accidentellement la cachette de son peuple... Contraint de fuir, il fait la connaissance de TIF, une jeune fille à la recherche de sa mère. Ensemble, ils vont devenir d’improbables fugitifs embarqués dans l’aventure de leur vie et vont réaliser que les enjeux auxquels ils font face sont beaucoup plus complexes que de simples mésententes intergalactiques…