[Critique] Princesse Mononoké

Princesse Mononoké 1997"Princesse Mononoké" est LE chef d'oeuvre de Hayao Miyazaki. Il s'agit d'une fresque sublime concernant l'écologie, la nature des hommes et leurs relations avec leur environnement. Les dessins sont justes magnifiques : pour un film qui date de 1997, ça a été une vraie claque quand j'ai découvert la beauté des environnements, des personnages et l'univers à la fois très coloré et très sombre.

Durant approximativement 2h15, ce qui est très long pour un film d'animation, celui-ci a largement le temps de développer toute son histoire, très complexe si on prend en compte tous les points de vue et enjeux, et tous ses personnages, non moins complexes. Le héros, Ashitaka, prince d'une région du Japon, sauve son village d'un sanglier démon, mais dans son acte héroïque se fait contaminer. Dorénavant, un poison se répandra toujours plus rapidement dans son corps, chaque fois qu'il se laissera gagner par la haine. Prenant conscience de la dangerosité de ce sentiment, il entreprend un voyage à travers le Japon pour découvrir l'origine de cette malédiction, et transporter un message de paix. Il arrivera finalement au lieu où tout a commencé, et tombera sur une guerre opposant les forces et esprits de la nature aux hommes qui s'étendent de plus en plus...

Une des forces de ce film est le charisme incroyable qui ressort de chacun des personnages, ainsi que la psychologie faite autour d'eux. Ainsi, de nombreux thèmes, également philosophiques, sont abordés, comme le manichéisme : aucun personnage du film n'est complètement un "ange" (exception faite du héros, qui tente, pour repousser sa haine, de toujours rester neutre dans les conflits, mais qui parfois se laisse gagner par celle-ci) ni "démon". Un exemple particulièrement parlant est le personnage de Dame Eboshi, chef du village des hommes dont on suit l'histoire, qui se montre particulièrement méprisante envers la forêt et ses habitants, mais qui montre un amour dévoué envers ses sujets, faisant tout ce qu'elle peut pour les soigner, les nourrir...

Tant au niveau de la dureté des thèmes, de la complexité d'ensemble et de la violence (voir du "gore"), nous avons affaire ici à un "dessin animé pour adulte", à ne pas forcément conseiller aux tous jeunes. Mon seul regret est qu'on ne voit pas plus San, la Princesse Mononoké, humaine élevée par une louve, et protectrice de la foret, relativement à Ashitaka, mais cela reste un avis subjectif : elle apparaît quand même beaucoup, et son caractère sauvage et imprévisible couplé au fait qu'elle se rapproche progressivement du héros sans pour autant pouvoir renier ses origines en fait un personnage très attachant.

A l'image de tous les films de Miyazaki, il y a un peu d'humour, en particulier avec les villageois, pour détendre l'atmosphère, mais le sérieux et la gravité de la situation reprennent vite le dessus. Dernier point, et pas des moindres, la musique du film. Composée par Joe Hisaishi, l'OST est tout simplement un chef-d'oeuvre. Une des premières scènes, où Ashitaka chevauche sa monture dans des prairies verdoyantes, des plaines immenses et des montages fleuries, accompagné de la musique porte-étendard du film, "The Legend of Ashitaka", est inoubliable. S'accordant magistralement bien à l'univers, aux thèmes, et aux dessins et paysages magnifiques, la trentaine de morceaux entendue est d'une qualité et d'une beauté rare. Merci aux Studio Ghibli, merci Miyazaki, pour ce chef-d'oeuvre d'animation, devant être présenté comme référence du genre.

Princesse Mononoké 1997

Pour ma part ce n'est pas la plus belle oeuvre de Miyazaki mais ça n'empeche d'être un chef d'oeuvre. A posséder absolument

Note:

Note-10-10

Princesse Mononoké

Princesse Mononoké

Réalisé par Hayao Miyazaki

Avec les voix de Yoji Matsuda, Yuriko Ishida,...

Date de Sortie: 1997 (Japon)

Genre: Animation

Synopsis: Au XVe siècle, durant l'ère Muromachi, la forêt japonaise, jadis protégée par des animaux géants, se dépeuple à cause de l'homme. Un sanglier transformé en démon dévastateur en sort et attaque le village d'Ashitaka, futur chef du clan Emishi. Touché par le sanglier qu'il a tué, celui-ci est forcé de partir à la recherche du dieu Cerf pour lever la malédiction qui lui gangrène le bras.