[Critique] Hunger Games : L'Embrasement

Hunger Games : L'Embrasement 2013

Après le succès de la trilogie, écrite par Suzanne Collins, et celui du premier film en 2012, Hunger Games revient enfin sur nos écrans. Avec un nouveau réalisateur (Francis Lawrence) pour mettre à l'écran la suite des aventures de Katniss Everdeen, le symbole d'une rébellion dans un monde divisé. Hunger Games : L’Embrasement (Catching Fire) nous ramène à Panem, où nous retrouvons une Katniss traumatisée et qui doit choisir entre obéir ou se rebeller.

Gary Ross avait pour la première adaptation du roman laissé trop d'éléments importants de côté, les spectateurs qui ne connaissaient pas le livre avaient parfois eu du mal à tout comprendre, il avait également choisi une réalisation assez mouvementée. L'image n'était donc jamais vraiment stable, et beaucoup ont trouvé le film parfois insupportable à cause de ce choix. Gary Ross a donc laissé la main à Francis Lawrence. Et il s'en tire plutôt bien, voir même très bien. Accompagné par les scénaristes, Simon Beaufoy (récompensé pour Slumdog Millionaire) et Michael Arndt (Little Miss Sunshine et Toy Story 3), ils nous offrent une écriture fluide et fidèle du roman. Ils ont réussi à garder les passages importants du second tome, que ce soit après la victoire des « 74ème Hunger Games » ou durant les nouveaux jeux. Tout est expliqué de manière subtile, les spectateurs ne sont donc pas perdus, qu'ils aient lu les romans ou non. Ils ont su choisir avec intelligence les passages qui n'étaient pas utiles pour le déroulement de l'intrigue et ajouter des scènes, comme dans le premier film, entre le Président Snow et Plutarch Heavensbee (joué par Philip Seymour Hoffman). Et cela en gardant ce que son prédécesseur avait fait de l'univers d'Hunger Games. Certes, la mise en scène n'a rien d’innovant mais certains plans, où il joue sur les couleurs et les ombres, sont très beaux. Lawrence dirige par ailleurs parfaitement bien ses acteurs.

Et L'Embrasement a un casting diversifié et de très bon choix, nous retrouvons Jennifer Lawrence (maintenant oscarisée) et Josh Hutcherson, ils nous prouvent qu'ils sont les Katniss et Peeta qu'il fallait, déterminés mais également touchants dans leurs rôles. Il y a Donald Sutherland qui rend le Président Snow plus cruel encore.... Elizabeth Banks apporte de la légèreté avec le personnage d'Effie, ses costumes sont toujours aussi extravagants, mais elle est plus réservée. Et pour cette suite, Jena Malone (Sucker Punch) incarne une Johanna Mason sans complexes, Sam Claflin (Blanche-Neige et le Chasseur) vient jouer le très apprécié Finnick Odair, sans oublier Philip Seymour Hoffman ou encore Jeffrey Wright. Les personnages apparaissent à l'écran comme nous pouvions nous les représenter dans les romans. Liam Hemsworth interprète toujours Gale, il est cependant bien trop mis en retrait même s'il est annoncé comme l'un des acteurs principaux. N'oublions pas qu'ils sont tous sublimés, ou presque, par les costumes.

Cependant, le film se trouve divisé en deux parties. Si la seconde partie dans l'arène des 75ème jeux, appelé l'Expiation, est riche d'actions et d'émotions, la première partie est longue à se mettre en place. Il y a bien des moments forts en émotions, d'autres qui sont drôles mais l'ennui n'est jamais très loin. La Tournée n'est pas assez approfondi par exemple, nous ne voyons pas assez l'impact qu'a eu le geste de Katniss, les différences d'un District à un autre. On voit subtilement que la révolte se met en marche, mais pas assez pour prendre conscience ,comme Katniss, de l'importance de tout ceci. Par ailleurs, les scènes au Capitole ne font pas assez ressentir le luxe dans lequel ils vivent. Mais c'est parce que le film se veut plus mature et grave. La victoire de Katniss et Peeta, « les amants maudits », a provoqué une étincelle, dans les districts, mais aussi une fissure dans leur monde. Il ne s'agit plus de survivre dans l'arène mais de vivre avec ce qu'ils ont fait. C'est une épreuve qui les a fait grandir.

Si Gale est absent du film, ce n'est pas pour rien, car entre la Tournée et les Jeux, il ne fait pas partie de l'action principale et parce que le triangle amoureux est mis en retrait. C'est d'ailleurs dans la seconde partie du film que nous trouvons enfin de l'action. Parce qu'il s'agit de l'Expiation, ils ont créé une arène très différente de celle du premier film, les épreuves qu'ils affrontent se retrouvent toutes à l'écran, bien que le tout ne soit pas toujours réaliste, la tension monte rapidement. Les 75ème Hunger Games, ils sont marqués par des alliances, la décision de tuer ou de ne pas tuer, savoir à qui accorder sa confiance. C'est bien évidement Haymitch (Woody Harrelson) qui s'occupe de ça, il est encore une fois prêt à tout pour aider ceux de son District.

Et la composition de James Newton-Howard (déjà aux commandes pour le premier) se fait enfin entendre, jusque là nous avions l'impression d'entendre la bande-originale du film précédent. La seconde partie du film est plus rythmée, plus impressionnante avec la BO de ce dernier. Hunger Games 2 réussit à se faire meilleur et nous donner de l'impatience pour la suite.

Hunger Games : L'Embrasement 2013

C'est avec plaisir que nous retrouvons donc la « fille du feu » sur nos écrans, malgré un début qui a dû mal à se mettre en place, le film est efficace et nous prépare pour la suite : La Révolte (Mockingjay), qui sera en deux parties.

Note :

Note-7-10

 

Hunger Games : L'Embrasement
Réalisé par Francis Lawrence
Avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Donald Sutherland, Elizabeth Banks, ...

Date de Sortie: 27 novembre 2013
Genre: Science-Fiction

Synopsis:Gagnants des 74e Hunger Games, Katniss Everdeen et Peeta Mellark effectuent la tournée des vainqueurs à travers tous les districts de Panem. Mais ils doivent ensuite retourner dans l'arène, dans la mesure où la 75e édition de ces Jeux est celle de l'« Expiation » (Quarter Quell), tenue tous les 25 ans. Celle-ci met aux prises 24 des anciens vainqueurs encore en vie, deux par District. Déterminés à se protéger l'un l'autre, les deux adolescents doivent affronter de multiples dangers mortels lors de ces Jeux, personnalisés par leurs adversaires ou par une série de catastrophes planifiées. Nouant des alliances avec d'autres concurrents, s'en sortiront-ils cette fois, et de quelle manière ? Dans le même temps, la rébellion contre le Capitole prend de l'ampleur dans les districts, et Katniss, le « Geai Moqueur » (Mockingjay), en devient le principal symbole1.