[Critique] Transformers : l'Âge de l'extinction

Transformers Extinction 4 2014

"Les règles ont changé", telle est la promesse du dernier film Transformers. D'une série de films décérébrés à l'action explosive et divertissants, ponctués d'un humour maladroit et inefficace, les trois premiers films étaient l'exemple parfait du film pop-corn : un pur divertissement.. Mais au final, ce nouvel opus, fer de lance d'une nouvelle saga est-il si différent de la trilogie?

Lors du début du film, on ne peut remarquer l'approche différente prise par le réalisateur Michael Bay. L'ambiance est plus adulte et les personnages centraux sont bien moins agaçants, plus matures et plus humains que Sam Witwicky. Cade propose des problématiques plus actuelles et rappellent la perversion du rêve américain que le réalisateur avait déjà évoqué dans son précédent film No Pain No Gain, tandis que le personnage féminin semble s'écarter des pendants machiste de Michael Bay, en proposant une fille responsable et dans un sens débrouillarde. Et surtout, la problématique du film est traité de manière bien plus sérieuse que les trois premiers films. Du coup, avec les 20 premières minutes, on ne peut s'empêcher de remarquer que le film a considérablement changé d'orientation et laisse augurer du très bon pour la suite. De quoi être optimiste pour la suite.

Sauf que le reste n'est pas à la hauteur de la promesse initiale, ni même des promesses des bandes-annonces. Et les fautes sont multiples. Dans un premier temps, on est obligé de pointer du doigt la lenteur du film. 2h45. C'est beaucoup, beaucoup trop long. Car si une telle durée pouvait nous faire espérer un spectacle d'explosion et d'action à gogo, le film est d'une lenteur incroyable et se concentre beaucoup trop sur le développement de son histoire plutôt que ce qui attire le spectateur. Du coup, pendant l'essentiel du film, peu de choses se passent. Il y a une grande concentrations pour développer l'ellipse de 5ans pour montrer en quoi l'univers du film a changé et surtout de tenter de justifier un relaunch.

Les conséquences de ces longueurs font que l'on finit par ne plus être dans le film. Le climax se déroule et c'est d'un oeil déconnecté et désintéressé qu'il se regarde, sans être investi pour les personnages, d'autant que ce climax est moins long et, étrangement, moins épique que celui du troisième film de la saga. Cette lacune a deux origines. La première, c'est que les actions sont beaucoup trop centrés autour des humains. Si cela se comprenait dans la prélogie compte tenu des personnages militaires, elles n'ont aucune justification dans ce film, puisque les personnages sont des personnages lambda. Encore plus étonnant du coup de voir un M. Tout-le-monde faire armes égales avec des Black Ops... Le personnage de Tessa, qui semblait être différent de ce que Bay avait tendance à nous proposer retombe dans les travers et redevient une demoiselle en détresse à sauver, sans aucune profondeur au final, qui passe son temps à appeler son père et se retrouve dépourvu de véritables dialogues dès le milieu du film. La seconde, c'est que la promesse du film, les dinobots arrivent bien trop tard dans le film et servent plus à conclure le final qu'à vraiment y prendre part.

Transformers Extinction 4 2014

Alors certes, les films avec les Transformers sont très bien filmées. Elles sont aériennes, dynamiques et assez longues, d'autant plus lorsqu'on les compare aux autres scènes d'action de la saga. Mais les lacunes dans la réalisation sont nombreuses. Des techniciens sont visibles à plusieurs reprises dans le film, et ce, dès le premier visionnage, preuve de l'amateurisme concernant le montage, qui n'a pas réussi à mettre de côté ces scènes. Entre les scènes sans connexion, les micro-ellipses et les moments sans justification - comme l'IronManisation d'Optimus - sont les preuves que le scénario n'a pas du tout été travaillé.

Les références, voir les pompages à des films sont plus qu'évidents. Man of Steel, Spider-Man 2, Star Wars ou encore Avengers, tous les blockbusters marquants de ces dernières années se retrouvent à un niveau plus ou moins importants dans le film. Les placements de produits sont tellement nombreux qu'il est difficile de tous se les rappeler. Car au-delà des différents constructeurs de voitures, certaines marques sans rapport avec l'univers se retrouve dans le film, comme, à la volée, Bud Light ou Victoria's Secret. Si le placement de produit est intelligent lorsqu'il est discret, il est tellement gros dans ce film qu'il à tendance à faire l'effet contraire, nous donner la sensation de nous abrutir.

Transformers Extinction 4 2014

Malgré un début très prometteur, le film fini par nous ennuyer à cause de sa lenteur, sa durée et surtout du parti-pris beaucoup trop concentré sur les humains que sur les Transformers, qui sont pourtant l'attrait du film. Une déception.

Note:

Note-4-10

Transformers 4 Extinction

Transformers : l'âge de l'extinction

Réalisé par Michael Bay

Avec Mark Wahlberg, Nicola Peltz, Jack Reynor, Stanley Tucci ...

Date de Sortie: 16 Juillet 2014

Genre: Action, Science-Fiction

Synopsis: Cinq ans après les événements mouvementés de "Transformers : La Face cachée de la Lune", un groupe de puissants scientifiques cherchent à repousser, via des Transformers, les limites de la technologie. 

Au même moment, un père de famille texan, Cade Yeager, découvre un vieux camion qui n’est autre qu’Optimus Prime. Cette découverte va lui de attirer les foudres d’un certain Savoy, dont le but est d’éliminer les Transformers. Pendant ce temps, le combat entre les Autobots et les Décepticons refait surface…