[Critique] Les Gardiens de la Galaxie

Gardiens de la galaxie 2014Les Gardiens de la Galaxie est sans contexte l'un des films qui va marquer un tournant dans le monde des adaptations cinématographiques de super-héros. Pour la première fois, des personnages complètement inconnus dans l'inconscient collectif vont débarquer sur grands écrans, là où des Iron Man, Captain America ou autres Green Lantern était des personnages connus indirectement.

Marvel surfe sur le succès critique et spectateur de ses dernières adaptations (Avengers en tête) pour présenter une nouvelle équipe, toute récente dans les comics, mais très populaire auprès de ses lecteurs. Le film a aussi une particularité, il s'agit d'un space-opéra (bien loin de Green Lantern). Une prise de risque qui aura été bénéfique?

Le résultat est à coup sûr oui, mais le film n'est pas exempt de défaut. Le principal souci est son histoire ou plutôt le déroulement et le développement de son histoire. Car l'enjeu est de taille : il faut présenter tout un nouvel univers, jamais présenté au cinéma, développer les cinq personnages centraux, avec les individualités et leurs relations, mettre en place un vilain avec de réelles motivations tout en reliant le tout avec le reste du MCU et surtout placer un contexte tout autour du film. Et c'est malheureusement sur ce dernier point que le scénario fait défaut. Le contexte géopolitique est complètement absent du film, et c'est un véritable échec puisque les motivations du vilains sont surtout politiques. Là où celles de Malekith étaient assez vides mais avaient un minimum de sens, on se retrouve ici avec l'inverse : les motivations de Ronan sont insensées mais pleines de volonté.

Et malheureusement, le tout entraîne une certaine déconnexion avec le reste du film, dans le but de réellement comprendre le tout. On regrette que deux minutes supplémentaires n'aient pas été présentées pour développer la race Kree ou encore le fameux traité à l'origine des motivations du vilain. Les personnages sont tellement nombreux qu'il n'est parfois pas forcément évident de comprendre leur incrémentation dans le film. Ce n'est qu'à posteriori que l'on comprend mieux le tout.

Le reste du film est quant à lui très plaisant et réussit à bien se distinguer du reste des films Marvel, tout en y retrouvant plusieurs touches qui font la particularité des films du studio. Car dès son introduction, le film commence à jouer aux 7 différences. On a droit à une scène complète avant que le logo Marvel n'apparaisse, le générique du film est présent dès le début du film, à l'instar des films des années 70 et 80, et sa piste-son extrêmement variée et très old-school offre une atmosphère à part entière. Si le film commence sérieusement, c'est grâce à sa première chanson que l'atmosphère du film va réellement se faire sentir, dès les premières minutes : un film de SF sérieux mais décomplexé.

Guardians of the Galaxy 2014

Et cela se ressent tout le long du film, notamment avec ses personnages, très différents de ce que l'on a pu voir jusqu'à présent. Qu'il s'agisse de Rocket, de Groot ou même de Drax, les personnages ont une dimension comique à eux, qui parvient à ne pas forcément dénaturer avec les précédents de Marvel. Les scènes d'action sont variées et le climax a une dimension très intéressante et épique qui n'est pas sans rappeler certains moments de Captain America : The Winter Soldier, notamment sur certains plans. Car l'action arrive à jouer sur deux tableaux : un d'ensemble où les héros sont assez peu présents et un autre beaucoup plus centré sur les personnages. On se retrouve ainsi avec au même moment avec à la fois du Space-Opéra à la Star Wars (comme les attaques sur l'étoile noire), et à la fois des combats au corps-à-corps.

Comme toujours chez Marvel, le casting colle parfaitement aux personnages, qu'il s'agisse des rôles principaux ou des seconds rôles et le doublage colle très bien aux protagonistes virtuels. Même Dave Bautista, qui pourtant n'emballait pas l'équipe, a réussi à nous séduire, grâce à un rôle plein d'autodérision au final, qui arrive à être drôle tout en gardant une dimension dramatique. Les fans de comics seront déçus cependant du traitement de Gamora, bien éloigné de ce que l'on connaît dans la version papier. Les effets spéciaux sont cependant assez inégaux. Car si aucun reproche n'est à faire à Groot ou Rocket et que la plupart des plans sont réussis, les effets concernant les scènes d'action ne sont pas des plus réussis, tant on sent parfois l'accélération de l'image afin de mettre en avant les capacités de certains personnages.

A noter que la projection à laquelle l'équipe a assisté n'a pas été doté de la scène post-générique, la faute, très certainement au Comic-Con. Deux options possibles : un premier teaser pour Avengers : Age of Ultron - comme on avait eu droit pour Captain America : The First Avenger - soit une scène présentant un nouveau personnage, dont l'annonce casting est conservé au Comic-Con afin de garder la surprise.

Guardians of the Galaxy 2014

Marvel parvient à instaurer une nouvelle licence avec des personnages forts, un univers cohérent et incroyablement fun. On regrettera cependant que le contexte n'ai pas été un poil (de Rocket) plus approfondi, laissant place à un vilain difficile à comprendre et à appréhender.

Note :

Note-8-10

 

Les Gardiens de la Galaxie
Réalisé par James Gunn
Avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Lee Pace, Vin Diesel...

Date de sortie: 13 juillet 2014

Genre: Science-Fiction, Action

Synopsis: Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être …