[Critique] Quand vient la nuit

quand vient la nuit 2014Après Gone, Baby Gone et Shutter Island, une autre nouvelle de Denis Lehane a le droit à son adaptation cinématographique : « The Drop », renommée pour sa sortie française « Quand Vient la Nuit ». Après avoir bluffé le public européen avec son « Bullhead » qui avait révélé Matthias Schoenaerts, c’est le réalisateur Mickael R. Roskam que l’on retrouve aux commandes de ce polar new-yorkais au casting cinq étoiles.

L’histoire en est très simple : un bar où la mafia vient y déposer son argent sale est victime d’un braquage au moment où l’un des gérants au passé trouble retrouve un bébé pitbull dans une poubelle. Bon, vu comme ça, c’est pas vraiment engageant et effectivement les deux histoires ont parfois du mal à trouver une légitimité, l’une semblant l’emporter sur l’autre le temps d’un quart d’heure et vice-versa. Pourtant, on se prend finalement au jeu de la rédemption de cet homme secret et réservé dont la vie va être bouleversée par l’existence d’un chien abandonné dont le propriétaire n’est pas l’homme le plus accommodant au monde.

La banalité de l’histoire, dont on devine vite la fin, est heureusement compensée par un casting impeccable : Tom Hardy et James Gandolfini, dans son ultime rôle, sont excellents dans des rôles qui leurs vont comme des gants. Cela étant on pourra reprocher à Hardy de jouer tout le temps le même registre, et si l’on ne peut s’empêcher de fondre un peu en le voyant s’occuper d’un bébé pitbull avec sa voisine (jouée par Noomi Rapace), on aimerait le voir dans autre chose. Mais c’est un autre problème. Outre ce trio principal, on retrouve le belge Matthias Schoenaerts en voyou complètement dérangé, et le jeune australien James Frecheville, vu dernièrement dans « New Girl » et « Perfect Mothers ». Un casting très cosmopolite, qui correspond à merveille au melting-pot qu’incarne New-York, et surtout Brooklyn.

Brooklyn, un quartier déjà filmé à de nombreuses reprises en raison de son aura. Ici, rien de révolutionnaire dans la mise en scène plutôt fonctionnelle et sans réel génie. Elle sait se montrer efficace au moment des scènes les plus tendues, le dernier quart d’heure fonctionnant particulièrement bien, mais de la part du réalisateur de Bullhead, on se serait attendu à quelque chose de plus intense et corsé. Même constat pour la photographie et la bande-originale, quasi-transparente malgré de belles pistes signées Marco Beltrami.

« Quand Vient la Nuit » est donc un petit polar plaisant, que l’on aurait aimé être plus brutal et moins prévisible, surtout avec un tel réalisateur aux manettes. Néanmoins le résultat final est plus que correct, et nous offre une dernière occasion de faire nos adieux à l’immense James Gandolfini.

quand vient la nuit 2014

Un polar efficace mais prévisible emmené par un excellent casting.

Note :

Note-7-10

 

Quand vient la nuit
Réalisé par Michael R. Roskam
Avec Tom Hardy, Noomi Rapace, James Gandolfini,...

Date de Sortie: 12 novembre 2014
Genre: Thriller, Drame, Policier

Synopsis: Bob Saginowski, barman solitaire, suit d’un regard désabusé le système de blanchiment d’argent basé sur des bars-dépôts – appelés « Drop bars » - qui sévit dans les bas-fonds de Brooklyn. Avec son cousin et employeur Marv, Bob se retrouve au centre d’un braquage qui tourne mal. Il est bientôt mêlé à une enquête qui va réveiller des drames enfouis du passé...

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