Bilan du CEFF 2014

Depuis trois ans, le Champs-Elysées Film Festival offre la possibilité pendant une semaine de découvrir des films américains issus du cinéma indépendant, de qualité plus ou moins bonne... Aujourd’hui, retour sur trois films de la compétition (ou pas) présentés durant cette semaine.

Focus d’abord sur Ping-Pong Summer, film qui se déroule dans les années 80 avec un jeune qui passe son été à affronter ses pires ennemis à une compétition de ping-pong…

D’emblée le film assume son côté old-school : des vêtements en passant par la BO, Ping-Pong Summer capitalise sur la nostalgie de ceux ayant vécu l’époque tout en voulant être une sorte de « Guides des années 80 pour les nuls » pour ceux étant nés dans les décennies suivantes. Ce n’est pas forcément passionnant à suivre (l’enjeu de la compétition de ping-ping étant d’un faible intérêt) et les personnages peu attachants n’aident pas forcément à se sentir impliqués dans le film. L’ensemble se révèle être étrangement antipathique et fade à cause d’une réalisation peu inspirée. Seul le personnage de Susan Sarandon apporte un peu de fraîcheur à un film de moyenne facture qui est instantanément oublié à la sortie de la salle.

Note-4-10

Summer of Blood

Petit film de 35 000 dollars réalisé à New-York en 9 jours, Summer of Blood raconte comment la vie d’un homme de quarante ans allergique à l’engagement est transformée quand un homme au teint vraiment très pâle le mord au cou…
Oui, Summer of Blood est un film de vampire, et l’hémoglobine y coule joyeusement au détriment de quelques innocents qui ne demandaient rien à personne. Mais rien de véritablement gore puisque le film s’intéresse davantage aux conséquences psychologiques que provoque ce changement chez notre (anti)-héros. En résulte un long-métrage très (trop) bavard qui, s’il part avec un capital sympathie indéniable dû à son héros peu conventionnel, s’étire en longueur pour se finir sur une note vraiment prévisible. Dommage.

Note-6-10

Obvious Child

C’est la bonne surprise de ce festival : Obvious Child, porté par l’actrice Jenny Slate (vous l’avez croisée en sœur de Jean-Ralphio dans « Parks and Recreation » ou même dans « Girls »), est une petite pépite romantique et drôle sur un thème sensible : l’avortement. On suit donc avec plaisir le parcours de cette jeune femme humoriste, bientôt au chômage, larguée par son copain et qui doit avorter après avoir passé la nuit avec un charmant inconnu. Avec son casting, ses dialogues pétillants et des personnages rafraîchissants qui ne tombent pas dans les clichés de la rom-com, Obvious Child a tout pour vous séduire. Un véritable coup de cœur que l’on espère voir bientôt en France (dans les salles de préférence).

Note-8-10

Un petit bilan personnel de cette troisième édition : les films présentés n’étaient pas vraiment satisfaisants. Fort Bliss et American Promise ont semble-t-il marqué les esprits, mais le reste de la compétition n’a pas été à la hauteur des espoirs. Reste de belles avant-premières (Kill Your Darlings inédit en France notamment, et la projection parisienne d’Anchorman 2), une masterclass de Keanu Reeves sympathique autour de l’excellent documentaire « Side by Side », et la projection de grands classiques restaurés, tels « Peau d’Âne » ou « Massacre à la Tronçonneuse ». Rendez-vous l’année prochaine, en espérant également un peu plus de monde dans les salles de cinéma bien vides.