Pride : interview de Matthew Warchus

Matthew Warchus - PrideIl y a quelques jours, nous avons eu la chance de pouvoir participer à une table ronde avec Matthew Warchus et Stephen Beresford le réalisateur et le scénariste de Pride. 

Nous vous proposons la version écrite de cette interview. Par contre, nous vous le disons de suite, il y a quelques spoilers, c'est pourquoi nous vous conseillons de voir le film d'abord sinon il y a la balise [SPOILERS]. Puis n'hésitez pas à faire tour aussi sur la critique aussi ici.

Nous en profitons pour remercier l'Agence Déjà pour l'invitation.

- Où avez-vous trouvé l’inspiration pour la bande-originale ?

Matthew Warchus : Six mois avant le tournage, j’avais des déjà des idées de chansons que je partageais avec Stephen. Mais durant de longues sessions d’écriture j’en profitais pour plonger dans des disques de l’époque. Et quand on se parlait on s’échangeait des morceaux, durant de longues discussions. C’était vraiment amusant.

- Comment avez-vous choisi de porter à l’écran certaines histoires réellement vécues par des personnes ayant pris part au mouvement ?

Stephen Beresford : On a rencontré pas mal de personnes qui avaient pris part aux manifestations. Il a fallu faire du tri, mais pour certaines personnes ça a été immédiat. Notamment pour le personnage de Gethin, joué par Andrew Scott. Lorsque l’on a écouté son histoire, on s’est vite dit que cela devait être dans le film pour la portée symbolique de ce que cela représente.

- Comment avez-vous découvert cette histoire, et qu’est-ce qui vous a donné envie de la mettre en scène ?

Stephen Beresford : j’avais dix ans lorsque cette grève s’est produite. Des années plus tard, je discutais avec mon petit ami de l’époque et c’est lui qui m’a raconté cette histoire. J’ai immédiatement eu envie de la raconter, et je suis content que personne ne l’ai fait avant moi, même s’il aura fallu attendre trente ans pour ça.
Matthew Werchus : j’ai été contacté par Stephen pour que je lise le script et c’est l’un des meilleurs que j’aie jamais eus entre les mains.

[SPOILER] Vers la fin du film, Gethin se fait violemment agresser et finit à l’hôpital. Pourquoi cette scène ?

Stephen Beresford : On voulait montrer que Londres, à l’époque, pouvait être une ville dangereuse pour la communauté homosexuelle, si vous vous baladiez seul(e). D’où le fait que dans le film, les quêtes se faisaient avec au minimum deux personnes : cela limitait les risques d’agression.

- D’où vient le titre du film ?

Matthew Werchus : On a eu pas mal d’idées de titres, mais on s’est dit que « Pride » pourrait être un écho au titre de la chanson « Shame, Shame, Shame », sur laquelle Dominic West danse durant leur première soirée avec les mineurs et leurs proches.

- Meilleurs souvenirs de tournage ?

Matthew Werchus : Le tournage s’est vraiment très bien passé dans l’ensemble, même si nous avons dû affronter les aléas du temps… Du coup, je dirais que mon meilleur souvenir reste ce plan que l’on devait faire à la campagne, sauf qu’il y avait énormément de brouillard… Par un coup de chance, pendant une éclaircie, on a pu tourner le plan ! J’aime à penser que ‘God is a lesbian ! ‘. Sinon, j’ai fêté mon anniversaire sur le plateau et j’en garde un excellent souvenir.